Dans nos vies, dès la tendre enfance,
On nous enseigne à mettre en ordre,
À faire silence, à façonner notre croyance,
À ranger, à classer, à tout étiqueter,
Pour qu’il soit plus facile de juger,
Pour mieux comprendre, pour mieux s’adapter,
Pour s’intégrer… Ça, c’est la clé !
«Range ta chambre», «Sois sage comme une image», bien poliment.
C’est ainsi qu’on nous éduque, tout doucement,
À placer chaque chose à sa juste place,
Selon les normes de la société qui nous emb(ar)rassent.
Appeler un chat un chat ? Pas vraiment une option,
Car la vérité, parfois, met en ébullition.
On veut bien être honnête, mais sans trop choquer,
On préfère les euphémismes pour mieux s’exprimer.
Ainsi, on embellit, on adoucit la réalité,
On tue doucement, sans brutalité,
Avec nos mots, nos commentaires voilés,
On édulcore la vie, pour mieux la digérer.
Dans ce monde moderne où règnent la pression, la dépression, la répression,
On veut être ouvert, respectueux, sans division.
Mais attention, pas trop, il faut préserver l’individu,
C’est la règle, c’est l’ordre, c’est le menu.
On médite, on travaille, on veut tout réussir.
Écris un livre, mange sain, rien n’est à fléchir !
Mais dans cette course effrénée vers la perfection,
On oublie parfois l’essence, l’authentique émotion.
Alors on cache nos misères derrière un masque,
On se différencie, on juge sans crainte de frasque.
Discriminer en douceur, c’est notre vice avoué,
Mais pas trop, juste assez pour rester à côté.
Dans cette danse où on se mélange, se dérobe et souffre,
On essaie de garder la tête haute, de ne pas retomber dans le gouffre.
Mais au fond, dans cette quête de supériorité,
On oublie souvent l’humilité, la véritable liberté, l’humanité, l’égalité.
Dans l’ombre, la discrimination s’infiltre en silence, avec transparence,
Elle se glisse dans les gestes, dans les regards, dans l’indifférence.
Un serveur sans table, un sourire qui manque, une moquerie qui éclate,
C’est ainsi que commence le jugement, sans tact, sans impact, sans franche attaque.
On remet en question nos racines, nos coutumes, notre couleur de peau. Quel jeu !
On nous juge pour les actes d’autres, comme si nous étions tous les mêmes, trop peu.
Mais derrière ces préjugés, ces stéréotypes qui blessent,
Se cache la peur de l’autre, une ignorance qui oppresse.
Je viens du Mexique, ‘nombril de la lune’,
Terre d’éclats, d’histoires et de fortunes.
Comme Frida l’a clamé haut : « Dans la boue, je fleuris » !
Sur un t-shirt, son visage, le monde le saisit,
Mais je suis bien plus qu’une simple fiction,
Ma culture, mes racines défient toute convention.
Je suis le feu, la passion, la couleur qui crépite,
Pas une image figée, mais une histoire qui palpite.
Femme aux fleurs, le cœur plein de chagrin,
Son talent n’a pas suffi à définir son destin,
Exemple pittoresque, mais parfois sinistre et lointain.
Chaque jour, dans mon pays, deux femmes tombent,
Victimes de l’audace d’hommes sans scrupules, qui sombrent.
C’est horrible, je le sais, la situation est critique,
Je ne devrais pas me plaindre, je sais, je connais votre rhétorique,
Au Luxembourg, là où seule l’âme se flétrit.
On apprend à être gris, à crier en silence, à supporter l’absence,
Parce qu’ici, la discrétion, l’éducation, la soumission font sens.
Reste dans l’ombre, pour éviter l’offense,
Ne respire pas, ne fixe pas, en silence,
Efface ton maquillage, n’attire pas l’attention.
Tout est ta faute, semblent-ils dire, une condamnation.
Sois plus simple, moins ostentatoire, te conseillent-ils, c’est la vie !
Mais qui sont-ils pour dicter tes choix, tes envies ?
Marche vite, cache tes courbes, trop provocantes,
Leurs mots sont pesants, méprisants… Mais qui contrôle ta danse, diantre ?!
Ne souris pas trop, ne sois pas trop accueillante, trop risqué,
Pourtant, pour être admis, la gentillesse est exigée.
Ici, nous prônons la diversité, le multiculturalisme, notre mot préféré,
Mais pas trop, pas trop, la tolérance a ses limites, tu as émigré.
Oui, j’ai des soucis avec les liaisons, hispanophone suis-je, je l’assume,
Même si je peux ici composer une chanson… C’est fatigant, je le confesse,
Mais je sais que ce n’est pas un passe-temps, on exige la perfection…
L’adaptation, une justification, toujours un autre argument,
Car ce n’est pas ma terre, alors je dois accepter, apprendre, me taire,
Être toujours qui je suis, simplement une autre Latina.
Je ne suis pas une carte postale d’une terre exotique,
Pas juste une image sans profondeur, sans critique.
Je suis complexe, intelligente et professionnelle,
Cherchant dignité dans un monde qui s’ouvre, mais pas à tous, naturel !
Je ne suis pas une Latina facile à déshonorer dans la rue,
Je suis ta mère, ta fille, ta sœur, une âme qui veut plus.
Si tu osais me regarder, tu verrais bien,
Qu’il y a un monde en moi, plein de rêves et de bien.
Je ne suis pas une sauvage sortie d’une jungle lointaine,
Je suis brillante, fière de mes racines, que tu dédaignes.
Tu ne fais pas la différence, entre l’Asie et l’Amérique,
Mais mon savoir va bien plus loin que ta simple rhétorique.
Et non, je ne viens pas d’une ville oubliée,
Car nous sommes tous Américains, quelle que soit notre destinée.
L’Amérique est un continent, pas seulement un pays,
Ouvre tes yeux et vois la diversité qui te défie.
Je ne suis pas juste une femme latina à tomber dans les clichés,
Pas juste une image pour tes fantasmes, pour te faire rêver.
Je suis forte, vibrante, avec des songes plein le cœur.
Je ne suis pas juste une étiquette, ni un simple vecteur.
Je ne suis pas une marionnette pour tes désirs à dévorer,
Pas juste une image à consommer, une histoire à ignorer.
Je suis complexe, unique, avec une voix qui résonne fort.
Je ne suis pas juste un stéréotype, ni un simple décor.
Je suis une force à reconnaître, une femme de passion.
Je suis bien plus que ce que tu vois, plus qu’une simple illusion.
Je suis fière de mes coutumes, de mon feu, de mes couleurs.
Je suis une autre femme en quête d’honneur, d’amour, de bonheur.

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