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La récente visite du Pape François au Luxembourg, à la fin de l’année 2024, n’a pas seulement ravivé le débat sur l’intégration des migrants, mais a également révélé la profonde contradiction qui habite la promesse d’une Europe unifiée : la diversité peut-elle vraiment être accueillie sans se transformer en une division invisible ? Le Luxembourg, un pays qui se vante de sa pluralité culturelle, fait face au défi éternel de transformer cette diversité en un terrain commun où chaque individu peut être entendu, et non seulement toléré. Le Pape a exhorté ce petit Grand-Duché à devenir un modèle d’accueil et d’intégration, une proposition louable qui, cependant, se heurte à la réalité que vivent des milliers de migrants dans un lieu où l’inclusion est préchée, mais pas toujours pratiquée, et où la langue, l’accent et l’histoire personnelle se dressent comme des murs intangibles, essentiels dans la manière dont on est accueilli dans cette enclave européenne.
L’arrivée au cœur de l’Europe
À mon arrivée au Luxembourg en 2017, le pays s’est déployé devant mes yeux comme un collage chromatique de voix et de visages, un véritable kaléidoscope de diversité. Avec plus de 47 % de sa population étrangère, la pluralité culturelle se présente comme une promesse palpable d’inclusion. Cependant, au fil des jours, j’ai réalisé que cette diversité apparente avait une limite, un point invisible où l’intégration commence à s’effondrer. Le luxembourgeois, le français et l’allemand dominent la sphère publique, transformant chaque conversation en une danse de langues qui, rapidement, se traduit par des fractures sociales. Bien que cette structure multilingue puisse sembler enrichissante, elle devient une barrière qui exige des migrants non seulement de s’adapter à une langue, mais à trois, pour s’insérer dans la vie professionnelle et sociale. Selon un rapport de l’Institut national de la statistique et des recensements (STATEC), seulement 32 % des migrants maîtrisent les trois langues officielles, ce qui souligne l’ampleur de la difficulté dans ce processus d’intégration. Dans mon cas, malgré un anglais raisonnable, j’ai vite compris que cela ne suffisait pas, surtout lorsque les services publics et les politiques requièrent une maîtrise du luxembourgeois ou du français. Les politiques d’intégration, quoique que bien intentionnées, ne parviennent pas à garantir une inclusion pleine et entière. Sous le gouvernement de Xavier Bettel, des programmes d’intégration professionnelle et des cours de langues subventionnés, tels que “Integration through language”, ont été mis en place. Néanmoins, des inégalités structurelles persistent dans l’accès à des emplois qualifiés pour ceux qui ne maîtrisent pas ces langues, forçant beaucoup à se contenter d’emplois en dessous de leurs capacités. Je me souviens de ma première tentative de recherche d’emploi : mes qualifications étaient adéquates, mais les entretiens se transformaient en une chorégraphie incompréhensible. « La langue est essentielle », disaient-ils, mais j’ai vite compris qu’il ne s’agissait pas seulement des mots : mon accent, mon histoire, et même mon origine se dressaient en obstacle. La première fois que je suis allée à l’agence pour l’emploi ADEM, on m’a accusée d’être « illégale » parce qu’ils ne reconnaissaient pas ma carte de résidence. Ce mot m’a frappé comme un coup de poing de fer, quelque chose de si lourd qu’il m’a fait réfléchir à la charge que représente être « étrangère » en terre inconnue. Bien que j’aie réussi à démontrer la légitimité de ma résidence, l’expérience a laissé une marque indélébile. Comme si j’étais venue du Mexique à la nage, pensai-je avec ironie. Finalement, ce qu’on m’a proposé, c’était un emploi dans le nettoyage domestique, malgré mon diplôme en architecture et mes dix années d’expérience. Je ne maîtrisais pas les langues nécessaires, je n’avais pas l’« image adéquate », et, de plus, le système prioritise les Luxembourgeois, suivis des Européens, laissant les autres relégués au troisième rang.
Les barrières de la langue et de l’identité
Dans les cours d’intégration, j’ai observé l’effort collectif de ceux qui, comme moi, sont arrivés avec l’espoir de trouver un foyer. Un homme syrien racontait, en un français rudimentaire, des histoires de guerre ; dans son pays, il était médecin et au Luxembourg, il était contraint de travailler comme jardinier. Une femme roumaine parlait de ses enfants en un luxembourgeois hésitant. Moi aussi, je tentais de raconter mon histoire avec des mots vacillants. Les cours de langues sont un pilier essentiel des politiques d’intégration du Luxembourg. Selon une étude de Caritas Luxembourg, plus de 70 % des migrants considèrent que la maîtrise des langues officielles est leur plus grand défi pour s’intégrer, suivie par la discrimination professionnelle et sociale. Cependant, ces cours ne garantissent pas toujours une véritable inclusion dans le marché du travail, surtout lorsque l’accès à des emplois qualifiés dépend de la maîtrise complète des langues officielles. Ces obstacles m’ont amenée à comprendre que l’intégration ne dépend pas seulement de la langue, mais aussi de la reconnaissance et de la valorisation de la diversité culturelle. Comme le souligne Stuart Hall, « L’identité n’est pas un processus stable, mais une construction en constante transformation, dans laquelle la culture joue un rôle central ». Le gouvernement a également créé le Contrat d’Accueil et d’Intégration (CAI), qui offre aux nouveaux arrivants l’opportunité de découvrir l’histoire, les coutumes, les langues et les valeurs du Grand-Duché. Cependant, la réalité correspond rarement aux attentes. La cohabitation entre cultures, bien que vibrante, est marquée par une ségrégation subtile. Les quartiers reflètent des hiérarchies sociales, et accéder à des opportunités devient un défi pour ceux d’entre nous qui se trouvent en marge de la langue ou des codes culturels.
Histoires de dépassement et de résistance
Un jour, alors que j’attendais pour m’inscrire à un cours de français, j’ai rencontré Fatima, une femme marocaine qui vivait au Luxembourg depuis quinze ans. Ses enfants, parfaitement fluents dans les trois langues officielles, étaient le reflet d’un avenir qu’elle avait construit avec effort, malgré son français limité. Son histoire, pleine de persévérance, m’a profondément touchée, mais a aussi révélé une vérité ironique : dans un pays qui se présente comme un jardin florissant, beaucoup d’entre nous cherchent encore un espace où nos racines peuvent s’enraciner. Ryszard Kapuściński, dans Ébène, affirme que les migrants agissent souvent comme des ponts entre les cultures, mais ils portent le poids de maintenir cette connexion. Fatima était ce pont, tant pour sa famille que pour sa communauté, démontrant que l’intégration n’est pas une destination atteignable automatiquement, mais un acte constant de volonté.
Réflexions au bord du chemin
En marchant dans les rues de Luxembourg, je ressens que la ville m’observe, mais pas avec des yeux bienveillants. C’est un regard distant, qui s’arrête à peine sur mon accent, comme si cette simple distinction suffisait à tracer une ligne entre le « nous » et le « eux ». Les migrants, cependant, sont une partie fondamentale de ce pays, des restaurants qui offrent des saveurs du monde aux hôpitaux, où nous travaillons comme infirmiers et médecins. Néanmoins, nos histoires restent souvent en marge des récits officiels, cachées sous le poids d’une inclusion qui ne se matérialise pas pleinement. Le Luxembourg pourrait être un modèle d’intégration s’il était capable d’équilibrer ses idéaux avec les réalités quotidiennes. Les initiatives actuelles, bien que précieuses, ne sont qu’un premier pas vers un horizon vraiment inclusif. Cependant, il reste encore un long chemin à parcourir. Nous avons besoin d’une société qui non seulement tolère notre présence, mais reconnaisse et valorise nos contributions. Homi K. Bhabha affirme que « l’identité n’est jamais complète ; elle est toujours en cours de construction ». Et ce processus se reflète dans chaque effort pour apprendre une langue, pour s’adapter à une nouvelle culture et pour construire une vie dans un lieu étranger. Au Luxembourg, chaque pas que nous faisons en tant que migrants redéfinit ce que signifie appartenir, vivre et contribuer.
Ma voix parmi tant d’autres
Je suis migrante, femme et mexicaine. Mon histoire n’est pas unique, mais elle fait partie d’un chœur de voix qui doivent être entendues. Dans un pays qui se présente comme un creuset de cultures, je me demande si je trouverai un jour cet espace où je pourrai non seulement habiter le terrain, mais où mon identité cessera d’être une pièce qui ne s’adapte jamais complètement. L’intégration n’est pas une destination prédestinée, mais un voyage plein de rencontres et de malentendus, de moments d’espoir et de défis qui mettent à l’épreuve notre force la plus profonde. Chaque jour passé ici me rappelle que l’identité ne se définit pas par les frontières, mais par notre capacité à nous adapter, apprendre et, surtout, résister face aux forces qui tentent de nous démanteler. L’intégration n’implique pas que nous nous dépossédions de nous-mêmes, mais que nous apprenions à nous redéfinir continuellement. Comme le dit Gloria Anzaldúa, « Tant que je ne prendrai pas possession de mon identité et que je ne dévoilerai pas mes entrailles, tant que l’assimilation signifiera soumission et que le multiculturalisme signifiera effacer mes différences, je ne serai pas libre ». Cette lutte pour conserver notre essence tout en nous adaptant à un environnement qui exige toujours plus qu’il n’offre est ma contribution, mon défi, mon empreinte dans l’identité complexe de ce pays.

Caminando entre brechas: una mirada personal a la integración en Luxemburgo
La reciente visita del Papa Francisco a Luxemburgo, a finales de 2024, no solo reavivó el debate sobre la integración de los migrantes, sino que reveló la profunda paradoja que habita en la promesa de una Europa unificada: ¿puede la diversidad ser verdaderamente acogida sin que se convierta en una división invisible? Luxemburgo, un país que se jacta de su pluralidad cultural, se enfrenta al desafío eterno de transformar esa diversidad en un terreno común donde todos los individuos puedan ser escuchados, no solo tolerados. El Papa instó a que este pequeño Gran Ducado se convierta en un modelo de acogida e integración, una propuesta loable que, sin embargo, choca con la realidad que viven miles de migrantes, en un lugar donde la inclusión se predica, pero no siempre se practica, y donde el idioma, el acento y la historia personal se erigen como muros intangibles, cruciales en la manera en que uno es recibido en este enclave europeo.
La llegada al corazón de Europa
Al llegar a Luxemburgo en 2017, el país se desplegó ante mis ojos como un cromático collage de voces y rostros, un verdadero caleidoscopio de diversidad. Con más del 47% de su población extranjera, la pluralidad cultural se presenta como una promesa palpable de inclusión. Sin embargo, a medida que los días pasaban, me di cuenta de que esta aparente diversidad tenía un límite, un punto invisible donde la integración comenzaba a desmoronarse. El luxemburgués, el francés y el alemán dominan la esfera pública, transformando cada conversación en una danza de lenguas que, rápidamente, se traduce en fracturas sociales. Aunque esta estructura multilingüe podría parecer enriquecedora, se convierte en una barrera que exige de los migrantes no solo adaptarse a uno, sino a tres idiomas para insertarse en la vida laboral y social. Según un informe del Instituto Nacional de Estadística y Censos (STATEC), solo un 32% de los migrantes domina los tres idiomas oficiales, lo que subraya la magnitud de la dificultad en este proceso de integración. En mi caso, a pesar de mi inglés razonable, pronto descubrí que no bastaba, especialmente cuando los servicios públicos y las políticas requieren fluidez en luxemburgués o francés. Las políticas de integración, aunque bien intencionadas, no logran garantizar una inclusión plena. Bajo el gobierno de Xavier Bettel, se impulsaron programas de integración laboral y clases de idiomas subvencionadas, como Integration through language. No obstante, persisten desigualdades estructurales en el acceso a empleos cualificados para quienes no dominan estos idiomas, forzando a muchos a conformarse con trabajos por debajo de sus capacidades. Recuerdo mi primer intento de buscar empleo: mis credenciales eran adecuadas, pero las entrevistas se convirtieron en una coreografía incomprensible. “El idioma es esencial”, decían, pero pronto entendí que no solo se trataba de las palabras; mi acento, mi historia, e incluso mi origen se interponían en el camino. La primera vez que fui a la agencia de empleo ADEM, me acusaron de ser “ilegal” porque no reconocían mi tarjeta de residencia. Esa palabra me golpeó como un puñetazo de hierro, algo tan pesado que me hizo pensar en la carga que representa ser “extraño” en tierras ajenas. Aunque logré demostrar la legitimidad de mi residencia, la experiencia dejó una marca que nunca se borra. Como si hubiera nadado desde México, pensaba con ironía. Al final, lo que me ofrecieron fue un trabajo en limpieza doméstica, a pesar de mi título en arquitectura y mis 10 años de experiencia. No dominaba los idiomas necesarios ni contaba con la «imagen adecuada», y, además, el sistema priorizaba a los luxemburgueses, seguido de los europeos, dejando al resto relegado a un tercer plano.
Las barreras del lenguaje y la identidad
En las clases de integración, observé el esfuerzo colectivo de quienes, al igual que yo, llegamos con la esperanza de encontrar un hogar. Un hombre sirio relataba, en un francés rudimentario, historias de guerra; en su país era médico y en Luxemburgo se veía obligado a trabajar como jardinero. Una mujer rumana hablaba de sus hijos en un luxemburgués entrecortado. Yo también trataba de contar mi historia con palabras vacilantes. Los cursos de idiomas son un pilar esencial en las políticas de integración de Luxemburgo. Según un estudio de Caritas Luxembourg, más del 70% de los migrantes considera que dominar los idiomas oficiales es su mayor desafío para integrarse, seguido de la discriminación laboral y social. Sin embargo, estas clases no siempre garantizan una verdadera inclusión en el mercado laboral, especialmente cuando el acceso a trabajos cualificados depende del dominio completo de los idiomas oficiales. Estos obstáculos me han llevado a comprender que la integración no solo depende del idioma, sino también de reconocer y valorar la diversidad cultural, como señala Stuart Hall, “La identidad no es un proceso estable, sino una construcción en constante transformación, en la que la cultura desempeña un papel central”. El gobierno también creó el Contrato de Acogida e Integración (CAI), que ofrece a los recién llegados la oportunidad de conocer la historia, las costumbres, las lenguas y los valores del Gran Ducado. Sin embargo, la realidad rara vez se ajusta a las expectativas. La convivencia entre culturas, aunque vibrante, está marcada por una segregación sutil. Los barrios reflejan jerarquías sociales, y acceder a oportunidades se convierte en un reto para quienes estamos al margen del idioma o los códigos culturales.
Historias de superación y resistencia
Un día, mientras esperaba para inscribirme a un curso de francés, conocí a Fátima, una mujer marroquí que llevaba 15 años en Luxemburgo. Sus hijos, perfectamente fluidos en los tres idiomas oficiales, eran el reflejo de un futuro que ella, a pesar de su limitado francés, había construido con esfuerzo. Su historia, colmada de perseverancia, me tocó profundamente, pero también reveló una irónica verdad: en un país que se muestra como un jardín floreciente, muchos de nosotros seguimos buscando un espacio donde nuestras raíces puedan echarse. Ryszard Kapuściński, en Ébano, señala que los migrantes a menudo actúan como puentes entre culturas, pero cargan con el peso de mantener esa conexión. Fátima era ese puente, tanto para su familia como para su comunidad, demostrando que la integración no es un destino alcanzable de manera automática, sino un acto constante de voluntad.
Reflexiones al borde del camino
Mientras camino por las calles de Luxemburgo, siento que la ciudad me observa, pero no con ojos de bienvenida. Es una mirada distante, que apenas se detiene a ver más allá de mi acento, como si esa simple distinción fuera suficiente para trazar la línea entre el nosotros y el ellos. Los migrantes, sin embargo, somos una parte fundamental de este país, desde los restaurantes que ofrecen sabores del mundo hasta los hospitales, donde trabajamos como enfermeros y médicos. No obstante, nuestras historias permanecen frecuentemente al margen de las narrativas oficiales, ocultas bajo el peso de una inclusión que no llega a materializarse por completo. Luxemburgo podría ser un modelo de integración si fuera capaz de equilibrar sus ideales con las realidades diarias. Las iniciativas actuales, aunque valiosas, son apenas el primer paso hacia un horizonte verdaderamente inclusivo. Sin embargo, aún queda un largo camino por recorrer. Necesitamos una sociedad que no solo tolere nuestra presencia, sino que reconozca y valore nuestras contribuciones. Homi K. Bhabha afirma que “la identidad nunca está completa; siempre está en proceso”. Y este proceso se refleja en cada esfuerzo por aprender un idioma, por adaptarnos a una nueva cultura y por construir una vida en un lugar ajeno. En Luxemburgo, cada paso que damos como migrantes redefine lo que significa pertenecer, vivir y contribuir.
Mi voz entre muchas
Soy migrante, mujer y mexicana. Mi historia no es única, pero forma parte de un coro de voces que deben ser escuchadas. En un país que se presenta como un crisol de culturas, me pregunto si alguna vez encontraré ese espacio donde no solo habitar el terreno, sino donde mi identidad deje de ser una pieza que nunca encaja por completo. La integración no es un destino predestinado, sino un viaje lleno de encuentros y desencuentros, de momentos de esperanza y de desafíos que ponen a prueba nuestra fortaleza más profunda. Cada día que paso aquí me recuerda que la identidad no se define por las fronteras, sino por nuestra capacidad para adaptarnos, aprender y, sobre todo, resistir ante las fuerzas que intentan desmembrarnos. La integración no implica que nos despojemos de nosotros mismos, sino que aprendamos a redefinirnos continuamente. Como bien lo expresa Gloria Anzaldúa, “Mientras no tome posesión de mi identidad y exponga mis entrañas, mientras la asimilación signifique sumisión y el multiculturalismo signifique borrar mis diferencias, no seré libre”. Esta lucha por conservar nuestra esencia mientras nos adaptamos a un entorno que siempre exige más de lo que ofrece, es mi contribución, mi desafío, mi huella en la compleja identidad de este país.

Walking Between Divides: A Personal Perspective on Integration in Luxembourg
The recent visit of Pope Francis to Luxembourg at the end of 2024 not only rekindled the debate about migrant integration but also revealed the profound contradiction embedded in the promise of a unified Europe: can diversity truly be embraced without becoming an invisible division? Luxembourg, a country that prides itself on its cultural plurality, faces the perennial challenge of transforming this diversity into common ground where every individual can be heard, not just tolerated. The Pope urged this small Grand Duchy to become a model of welcome and integration, a laudable proposal that, however, clashes with the reality experienced by thousands of migrants in a place where inclusion is preached but not always practised, and where language, accent, and personal history stand as intangible barriers, crucial to how one is received in this European enclave.
Arrival at the Heart of Europe
When I arrived in Luxembourg in 2017, the country unfolded before me like a chromatic collage of voices and faces, a true kaleidoscope of diversity. With more than 47% of its population being foreign, cultural plurality presents itself as a tangible promise of inclusion. However, as the days went by, I realised that this apparent diversity had its limits, an invisible point where integration begins to crumble. Luxembourgish, French, and German dominate the public sphere, turning every conversation into a dance of languages that quickly translates into social fractures. While this multilingual structure may seem enriching, it becomes a barrier that requires migrants not only to adapt to one language but to three in order to integrate into professional and social life. According to a report by the National Institute of Statistics and Economic Studies (STATEC), only 32% of migrants master the three official languages, underscoring the magnitude of the difficulty in this integration process. In my case, despite a good command English, I soon realised it was not enough, especially when public services and policies require fluency in Luxembourgish or French. Integration policies, although well-intentioned, fail to ensure full inclusion. Under the government of Xavier Bettel, professional integration programmes and subsidised language classes, such as «Integration through Language,» were implemented. Nevertheless, structural inequalities persist in access to skilled jobs for those who do not master these languages, forcing many to settle for jobs beneath their capabilities. I remember my first attempt at job hunting: my qualifications were adequate, but the interviews turned into an incomprehensible choreography. «Language is essential,» they said, but I quickly realised it wasn’t just about words: my accent, my history, and even my origin stood in the way. The first time I went to the employment agency ADEM, I was accused of being «illegal» because they did not recognise my residence card. That word hit me like an iron fist, something so heavy it made me reflect on the burden of being «foreign» in unknown lands. Although I managed to prove the legitimacy of my residency, the experience left an indelible mark. As if I had swum all the way from Mexico, I thought wryly. In the end, what they offered me was a job in domestic cleaning, despite my degree in architecture and ten years of experience. I did not master the necessary languages, lacked the «appropriate image,» and, moreover, the system prioritised Luxembourgers, followed by Europeans, leaving others relegated to a third tier.
Barriers of Language and Identity
In integration classes, I observed the collective effort of those who, like me, arrived with the hope of finding a home. A Syrian man recounted, in rudimentary French, stories of war; in his country, he was a doctor, but in Luxembourg, he was forced to work as a gardener. A Romanian woman spoke of her children in hesitant Luxembourgish. I too tried to tell my story with faltering words. Language courses are an essential pillar of Luxembourg’s integration policies. According to a study by Caritas Luxembourg, more than 70% of migrants consider mastering the official languages their greatest challenge to integration, followed by professional and social discrimination. However, these courses do not always guarantee true inclusion in the labour market, especially when access to skilled jobs depends on complete fluency in the official languages. These obstacles have led me to understand that integration is not only about language but also about recognising and valuing cultural diversity. As Stuart Hall points out, «Identity is not a stable process, but a construction in constant transformation, in which culture plays a central role.» The government also created the Welcome and Integration Contract (CAI), which offers newcomers the opportunity to learn about the history, customs, languages, and values of the Grand Duchy. However, reality rarely meets expectations. The coexistence of cultures, although vibrant, is marked by subtle segregation. Neighbourhoods reflect social hierarchies, and accessing opportunities becomes a challenge for those of us who are on the margins of language or cultural codes.
Stories of Resilience and Perseverance
One day, while waiting to enrol in a French course, I met Fatima(not her real name), a Moroccan woman who had been living in Luxembourg for fifteen years. Her children, perfectly fluent in the three official languages, were the reflection of a future she had built through effort, despite her limited French. Her story, full of perseverance, touched me deeply but also revealed an ironic truth: in a country that portrays itself as a flourishing garden, many of us are still searching for a space where our roots can take hold. Ryszard Kapuściński, in Ebony, states that migrants often act as bridges between cultures but bear the burden of maintaining this connection. Fatima was that bridge, both for her family and her community, demonstrating that integration is not a destination automatically achieved but a constant act of will.
Reflections Along the Way
As I walk through the streets of Luxembourg, I feel the city watching me, but not with welcoming eyes. It is a distant gaze that barely stops at my accent, as if this simple distinction were enough to draw the line between «us» and «them.» Migrants, however, are a fundamental part of this country, from restaurants offering global flavours to hospitals where we work as nurses and doctors. Nevertheless, our stories often remain on the margins of official narratives, hidden under the weight of an inclusion that does not fully materialise. Luxembourg could be a model of integration if it were able to balance its ideals with daily realities. Current initiatives, though valuable, are only a first step towards a truly inclusive horizon. However, there is still a long way to go. We need a society that not only tolerates our presence but recognises and values our contributions. Homi K. Bhabha asserts that «identity is never complete; it is always in the process of construction.» And this process is reflected in every effort to learn a language, adapt to a new culture, and build a life in a foreign place. In Luxembourg, every step we take as migrants redefines what it means to belong, live, and contribute.
My Voice Among Many
I am a migrant, a woman, and Mexican. My story is not unique, but it is part of a chorus of voices that must be heard. In a country that presents itself as a melting pot of cultures, I wonder if I will ever find that space where I can not only inhabit the land but where my identity will no longer be a piece that never quite fits. Integration is not a predestined destination but a journey full of encounters and misunderstandings, moments of hope, and challenges that test our deepest resilience. Every day I spend here reminds me that identity is not defined by borders but by our ability to adapt, learn, and, above all, resist the forces that try to dismantle us. Integration does not mean stripping ourselves of who we are but learning to redefine ourselves continually. To quote Gloria Anzaldúa, «As long as I do not take possession of my identity and expose my innermost self, as long as assimilation means submission and multiculturalism means erasing my differences, I will not be free». This struggle to preserve our essence while adapting to an environment that always demands more than it offers is my contribution, my challenge, my imprint on the complex identity of this country.

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